23 novembre 2006

Loyale ?


Ca y est. L'agitation primaire au parti socialiste est retombée. Nous pouvons recommencer à débattre sereinement hors des enjeux de clans.

Le résultat du vote des militants a une fois de plus confirmé la prégnance de l'appareil et des seconds couteaux provinciaux qui ont porté au pouvoir le candidat à même de leur confier des ministères.

La victorieuse combattante fait pour l'instant dangereusement campagne sur la démocratie participative et la preuve de l'efficacité, et se veut l'incarnation du nouvel "homme" politique. Si elle est élue et qu'elle échoue dans sa promesse de ne pas décevoir, ça ne sera pas seulement un nouveau marasme pour le PS, ce sera surtout une catastrophe pour la démocratie.

Mais nous n'en sommes pas encore là. Si la bulle se dégonfle d'ici au premier tour et si les élécteurs ont le cran de voter selon leurs idées et non pas selon leur peur d'un 21 avril bis, le grand bond en avant n'aura peut être été qu'un faible sursaut.

A l'image des gens, féministe : l'admiration ou la fascination qui ont souvent été le moteur du vote vont-elles laisser la place à l'identification, la transposition de soi dans le candidat ? ça n'a pour l'instant pas vraiment réussi aux candidats de gauche.

Ce culte de la personnalité d'un genre nouveau a de quoi inquiéter mais il a au moins le mérite de faire briser un peu la barrière imaginaire entre la classe politique et les "vrais" gens. Ce ne sera pas néanmoins suffisant pour reléguer Le Pen parmi les ringards institutionnalisés.

On vote par conviction ou par indignation, on vote par rejet ou on vote par peur, on ne vote plus par désir mais par dégoût.
J'espère que le débat d'idée permettra de privilégier la conviction, mais que désir d'avenir donnera au moins l'envie de voter.