23 avril 2006

En attendant Sarko...

A quel moment surgissent les grandes thématiques des élections ? Un an avant, deux mois avant ?

Quelle gangrène ronge la politique aujourd'hui ? Comme d'habitude avant chaque échéance, l'immigration, avec en "toile de front", le malaise des jeunes (à casquette) et la sécurité. Si ces puantes ritournelles chauvines ne sont pas nouvelles dans les discours, ce qui me choque aujourd'hui c'est que le débat politique qui émerge se construit autour de trois courants de droite (les pragmatiques xénophobes, les royalistes islamophobes et les fascistes antisémites), laissant ceux qui n'évoquent pas l'immigration comme un problème de l'autre côté de la frontière médiatique.

Et on nous présente encore une fois la gauche comme regardant passer les trains ainsi qu'un troupeau de vaches atteintes d'idéalisme désespéré.
Si le discours de la peur marche aussi bien, il ne resterait presque plus à la gauche qu'à tenter d'inquiéter à son tour la population sur d'autres dangers, en entrant dans une course au plus alarmiste.

Par exemple, la chute de la démocratie incarnée aujourd'hui par la droite a de quoi effrayer.
Un petit pays qui se recroqueville sur lui et qui ne croit plus dans les idéologies peut-il encore voter à gauche, c'est à dire vers le progrès ? Toutes les bonnes idées de réformes proposées de-ci de-là pour "changer le quotidien" ne feront pas gagner, parce qu'ils ne font pas peur à ceux pour qui l'insécurité sociale n'est pas une réalité, et c'est à dire, malheureusement ou heureusement, une majorité d'électeurs.

Je ne sais pas vous mais je pense que la piste de la réforme institutionnelle, quoiqu'éloignée des problèmes "des vrais gens", a de quoi faire prendre conscience de l'énorme chantier républicain à mener face au charnier populiste.

La peur de ne plus être égaux, ça peut peut-être fonctionner après tout.

2 Comments:

At 2:30 PM, Blogger Julien said...

Ton analyse du malaise de l'élection présidentielle, qui oblige à trouver quelqu'un de populaire au détriment des idées, juste pour contrer les fachos, est tout à fait pertinente.
C'est catastrophique, notamment pour les législatives.

En revanche, je crains que les très fortes attentes sociales exprimées par les gens (référundum européen, CPE, débat sur la précarité) ne soient déçues par un PS qui sacrifie ses idées (dont certaines sont excellentes) et surtout son âme socialiste, pour présenter une candidate à sondages.

Il y a une opportunité formidable à faire des propositions vraiment de gauche et à gagner grâce à elles, alors ne restons pas tétanisés par le 21 avril 2002.

Quoiqu'elle passe bien, Ségolène ne me semble vraiment pas à la hauteur des attentes, n'a pas mesuré à quel point l'alternative antilébérale peut enfin être ambitieuse.

Enfin, je dis ça, mais il peut se passer beaucoup de choses d'ici un an.

 
At 12:28 AM, Blogger Romain said...

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