13 avril 2006

Arlette Bayrou

Avec l'essoufflement de la cinquième république à cause de batailles arrogantes des puérils héritiers du chiraquisme et de la politique carriériste, les résultats des élections italiennes m'amènent à des interrogations sur le découpage des couleurs politiques en France.

Prodi, dont je ne partage pas complètement l'idéal européen, a le mérite de rassembler derrière lui une gauche qui, en France, irait grosso modo de la LCR à l'UDF.

Je ne sais pas exactement quel programme ça peut donner, mais je me demande, aujourd'hui, s'il est préférable pour la gauche, que la stratégie de l'UDF consiste à tenter de rassembler les UMP et socialistes centristes, ou bien à servir d'arbitre pour départager la gauche de la droite, ou enfin, à demeurer un petit parti de droite catho.

Le bipartisme qui permet l'alternance est-il un rouage de la démocratie ? Quand tout le monde s'interroge sur le nécessaire changement d'institutions afin d'encourager la démocratie participative et rétablir le pouvoir des parlementaires, n'y a-t-il pas urgence à redéfinir les contours des alternatives politiques ?

Le test de la représentativité nationale des partis n'est jamais véritablement mis en jeu lors de nos principales échéances électorales. Ces questions, sous-jacentes à la désignation du ou des candidats dit "de gauche", conduisent au même pari : où se situe le curseur du clivage politique ? où devrait-il se situer ?

J'en arrive parfois à la conclusion qu'un éclatement du PS serait peut-être la meilleure manière de marginaliser la droite libérale au profit d'un bloc centriste et d'un bloc gauchiste.

Enfin, je dis ça pour faire réagir les verts, les roses les turquoises et même les blancs du blog.

2 Comments:

At 8:56 PM, Blogger Romain said...

Un commentaire, sans grande passion:

La “gauche” regroupait au moment de la Revolution Francaise les opposants au droit de veto royal simplement parce qu’ils se regroupaient a gauche de l’hemicycle.
J’ai pourtant le sentiment (rien qu’un sentiment vu ma maigre connaissance de l’histoire des partis) que le terme a ete conserve jusqu’aujourd’hui car traditionnellement la droite ne s’est jamais definie qu’en reaction a un projet radical et moteur qui s’appellait la gauche, et qu’en quelque sorte les courants de nos assemblees legislatives ont suivi le mouvement des aiguilles d’une montre: les ideologies de gauche en rupture avec les valeurs traditionnelles, de l’ancien regime jusqu’a la peine de mort, les chassent et les remplacent avant de se faire deborder elles aussi sur leur gauche par de nouvelles forces.

Or le mouvement s’est semble-t-il enraye. Non seulement l’ideologie de gauche ne s’est pas renouvellee depuis 30 ans mais la droite a trouve dans le discours neo-liberal un attirail coherent qui lui permet d’envisager non plus de reagir mais d’agir, meme si cette action debute par la destruction du modele que les gaullistes et gauchistes ont vaillament construit.

Pour en venir a l’article de Ju, il ne me semble pas evident que l’on puisse trouver aujourd’hui, en face du groupe UMP, un groupe centriste et un groupe gauchiste, j’ai peur que donner un coup de pied dans la fourmiliere PS ne conduise qu’a la dispersion des parlementaires dans des groupes qui n’adressent que des aspects tres partiels de la societe, verts, radicaux, LCR,…et que les groupes centristes et gauchistes ne voient jamais le jour. Ne rien faire n’est pas mieux, le PS ayant l’air decide a mettre Segolene en avant comme une marque de lessive et refusant a des candidats credibles comme DSK le droit d’organiser des debats d’idees internes au Parti, sous le pretexte que cela jetterait la confusion au sein des membres. Bref, preparons-nous a voter contre Le Pen au deuxieme tour.

En ce qui me concerne, j’exprimerais le souhait que le PS nous prouve qu’il a retrouve une ideologie originale, qui lui redonne un fondement et une consistance interne, et federe d’autres partis credibles au pouvoir comme les verts et le PC. Quant aux centristes, j’avoue que je me represente mal ceux que cette categorie recouvre, autres que les indecis ou tiedes.

 
At 2:18 PM, Blogger Julien said...

Ne laissons pas Le Pen prendre en otage le nécessaire débat qui doit avoir lieu à gauche.
ce n'est pas la crainte qui doit amener à des concessions.
Il me semble absolument nécessaire pour les partis de gauche autres que le PS de faire entendre leur voix pour que le PS ne fasse pas l'erreur, une fois encore, de proposer un candidat social-libéral.
Tous ceux qui pensent qu'il faut voter Ségo pour voter utile, même si elle est de droite catho, se fourrent à mon avis le doigt dans l'oeil. Il ne faut pas sous estimer les idées dans les élections.
Jamais je n'ai senti les militants de base communistes aussi proches des socialistes; jamais je n'ai senti leurs directions politiques aussi éloignées.
Il est urgent pour la victoire de la gauche que le PS investisse un candidat anti-libéral.
A cette seule condition, les PC, verts et compagnie se fédéreront volontiers pour contrer, non seulement Le Pen, mais surtout Sarko.
mais ça n'était pas vraiment la tendance du Mans...

 

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